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Antiviraux : Inhibiteurs de réverse transcriptase du VIH

Effets indésirables

Dernière modification le 16/05/2011
Ils sont souvent liés à la durée d’exposition.
 

Classe ou
Molécule
Nature de l'effet indésirable
Gravité
Estimation
de la
Fréquence
En savoir plus sur l'effet indésirable
Tous
Troubles du métabolisme des lipides
Modérée à potentiellement très grave
50 à 60%
des traitements HAART
Hypertriglycéridémie avec risque de pancréatite (tableau 2)
Hypercholestérolémie (tableau 9)
Troubles du métabolisme des glucides
Faible
30%
des traitements HAART
Diabète de type 2 (prévalence 3% à 1 an, 8% à 2 ans)
Insulinorésistance (prévalence 4 à 9%) (tableau 9)
Tous les NRTIs
Toxicité mitochondriale
Grave à potentiellement grave (décès dans 50%)
 
(tableau 9-Figure 4)
Anomalies de répartition des graisses
Modérée
50 à 70%
des traitements HAART
Inhibition de la différenciation et de la maturation des adipocytes.
Lipoatrophie (tableau 9)
 
AZT
Toxicité hématologique
Potentiellement grave
5-30%
Anémie, neutropénie. Toxicité dose-dépendante. Favorisée par des CD4 < 100 ou troubles hématologiques préexistants.
Troubles digestifs
Faible à modérée
50%
Nausées (en début de traitement)
Réactions cutanées
Faible à modérée
 
Pigmentation de la peau, des ongles
Atteinte hépatique
Grave
 
Stéatose-Acidose lactique- Hépatomégalie
ddI
Anomalies biologiques
Faible
 
Hyperuricémies, sans conséquence clinique
Troubles GI
Faible
Fréquents
Xérostomie, ballonnements, crampes abdominales, diarrhée
Atteinte hépatique
 
 
Surveiller les enzymes hépatiques
Atteinte oculaire
Potentiellement grave
 
Dépigmentation de la rétine. Effectuer un examen de la rétine tous les 6 mois
ddC
Troubles digestifs
Modérée à grave
2%
Stomatites (ulcérations de la bouche, de la langue, du palais, de l’œsophage)
d4T
Atteinte hépatique
Grave à potentiellement grave
Exceptionnel
Hépatite sévère dose dépendante
Faible à modérée
Fréquent
Augmentation des transaminases dose dépendante.
3TC
Atteinte hépatique
Faible à modérée
Peu fréquents
Augmentation des transaminases
Troubles GI
Faible
20-30%
Nausées- diarrhées- vomissements- douleurs abdominales
 
Faible
20%
Asthénie
ABC
Hypersensibilité
Potentiellement grave
3-5%
En début de traitement (< 6 semaines). Arrêt définitif de l’ABC. Le mécanisme pourrait être génétiquement contrôlé (certains groupes HLA).
Réactions cutanées
 
8%
 
Troubles GI
Faible à modérée
30-50%
Nausées- vomissements- diarrhées
Signes généraux
Modérée
8%
Asthénie intense, sensation de malaise
Altération respiratoire
Modérée
 
Dyspnée, toux, pharyngite
TDF
 
Faible à modérée
 
Hypophosphorémie modérée (probablement par anomalie de l’absorption) sans effet clinique (fractures).
Atteinte rénale
Modérée à grave
 
Syndrome de Fanconi. Adapter en fonction de la clairance rénale.
Troubles digestifs
Faible à modérée
 
Diarrhée- nausée- vomissements- flatulences
FTC
Cytopénie
Potentiellement grave
Fréquents
 Neutropénie- anémie
Troubles du SNC
Faible à modérée
Très fréquents
Céphalées- diarrhée- nausées- vomissements
Troubles métaboliques
modérée
fréquent
Métabolisme des lipides (augmentation des triglycérides)
Métabolisme des glucides (augmentation de la glycémie)
Métabolisme hépatique (augmentation des ASAT)
Tous NNRTIs
Réaction cutanée
Potentiellement très grave
3-5%
Rash à l’instauration du traitement (<20 jours). Arrêt définitif de la molécule si associé à fièvre, atteinte muqueuse, atteinte cutanée extensive : Toxidermie, syndrome de Stevens Johnson, syndrome de Lyell. NVP > EFV > DLV
Faible à modérée
10-30%
Eruption cutanée à l’instauration du traitement (<20 jours) : érythème, prurit, éruption diffuse (érythémateuse, maculeuse ou maculo-papuleuse) : ne nécessitent pas l’interruption du traitement. EFV > NVP > DLV
Atteinte hépatique
Grave
5%
Hépatite cytolytique (NVP, DLV)
Troubles GI
Faible à modérée
15-20%
Nausées, vomissements, diarrhée, douleur abdominales
Organisme en général
Faible
10-12%
Céphalées
EFV
Troubles SNC
Modérée à grave
50-80%
Cauchemars, rêves anormaux, vertiges, difficultés d’endormissement ou de réveil : plutôt en début de traitement, régression généralement spontanée en quelques semaines. Arrêt si persistance.
ETV
Troubles cutanés
Généralement legers à modérés
17%
 
Troubles digestifs
modérés
15%
 
 

 

 

Toxicité mitochondriale --------->
Facteur de risque :
âge, exposition NRTIs (ddC>ddI>d4T>AZT >3TC>ABC) mais aussi dans une moindre mesure aux IPs, durée cumulée d’exposition, le nombre de molécules NRTIs impliquées, les traitements associés (hydroxyurée, ribavirine, interféron), sexe féminin, surcharge pondérale, grossesse. Association ddI/d4T
 
Condition de survenue :
1) mode aigu, mettant en jeu le pronostic vital : Atteinte systémique (acidose lactique (tous, mais surtout ddC, AZT, INFa-ribavirine), altération de l’état général, dyspnée, défaillance rénale-cardiaque ou hépatique) 
2) mode chronique : Atteinte viscérale (myopathie (AZT), cardiomyopathie, neuropathie périphérique (d4T, ddI, ddC), pancréatite (d4T,ddI, 3TC, Hydroxyurée), syndrome de Guillain Barré)
3) mode torpide : Atteinte diffuse (altération de l’état général, fatigabilité musculaire, baisse de la libido, vieillissement accéléré)
 
Méthode diagnostique :
Surveillance de la perte de poids, survenue d’une dyspnée, fatigabilité musculaire. Dosage du lactate (mais attention la lactatémie ne préjuge pas de la production de lactate. Elle reflète seulement l’équilibre entre ce qui est produit et ce qui est consommé). Estimation du trou anionique (reflet de l’accumulation de lactate dont le métabolisme passe par la consommation d’un H+). Dosage du rapport lactate/pyruvate (reflet du potentiel redox de la cellule). La biopsie musculaire ou hépatique permet de poser le diagnostic en recherchant des anomalies morphologiques musculaires (red-ragged) ou hépatiques (stéatohépatite), en mesurant le contenu en ADN mitochondrial, en mesurant le rendement de la phosphorylation oxydative du tissu. (limite du modèle : très invasif, faux négatifs).
 
Prise en charge de l’effet indésirable :
Changer la molécule
 
Alternative en cas d’arrêt de traitement :
Retrait NRTI incriminé et le remplacer par 3TC-TDF ou ABC.

 
 

Hypertriglycéridémie ---------> risque de pancréatite
Facteur de risque :
sexe masculin, index de masse corporelle élevée, âge, prise de RTV ou de d4T
 
Condition de survenue :
 
Méthode diagnostique :
Dosage trimestriel des triglycérides à jeun. Valeur souhaitée TG < 2,2 mmol/l. Prise en charge si TG > 3,3 mmol/l. Doser la lipase si les TG augmentent.
 
Prise en charge de l’effet indésirable :
Réduire d’emblée alcool, sucres rapides, graisses animales. Traiter par fibrates (particulièrement si TG > 10-15 mmol/l en raison du risque de pancréatite). Ne pas associer aux statines.
 
Alternative en cas d’arrêt de traitement :
Changer de classe pharmacologique (en fonction du génotype viral : donner NNRTI mais élévation du taux de cholestérol, donner NRTI tel que ABC qui diminue le cholestérol mais éviter d4T).

 
 

Hypercholestérolémie ---------> risque cardiovasculaire
Facteur de risque :
Index masse corporelle élevé, âge (risque doublé après 40 ans), présence de d4T, existence d’une lipodystrophie, association au RTV.
 
Condition de survenue :
 
Méthode diagnostique :
Dosage du Cholestérol total à jeun (valeur souhaitée < 6,2 mmol/l). dosage trimestriel des fractions. HDL < 0,9 mmol/l et LDL > 3,4 mmol/l.
 
Prise en charge de l’effet indésirable :
Faire un bilan du risque cardiovasculaire en début de traitement. Réduire d’emblée alcool, sucres rapides, graisses animales. Traiter par statines (préférer pravastatine ou fluvastatine dont le métabolisme n’emprunte pas le CYP 3A4) si LDL > 4,1 mmol/l avec 0 ou 1 facteur de risque cardiovasculaire ; LDL > 3,4 mmol/l avec 2 facteurs de risque). Si l’hypercholestérolémie s’accompagne d’une hypertriglycéridémie, l’utilisation de fibrates est justifiée (fénofibrate ou gemfibrozil). Rechercher un éventuel dysfonctionnement rénal, hépatique, un hypogonadisme, une hypothyroïdie.
 
Alternative en cas d’arrêt de traitement :
Changer de classe pharmacologique : IPs versus NNRTIs (NVP préférée en raison de son action sur le HDL-Chol) ou proposer une trithérapie NRTIs (si compatible avec génotype).

 
 

Lipoatrophie
Facteur de risque :
Age, durée d’exposition, prise d’analogues de la thymidine (d4T-AZT), NRTIs (prévalence augmentée par la prise d’IPs)
 
Condition de survenue :
Inhibition de la différenciation et de la maturation des adipocytes. 1)-Altération profonde de la différenciation du tissu (particulièrement cellules SREBP-1), 2)-Sécrétion inappropriée de cytokines inflammatoires par le tissu adipeux (rôle dans l’insulinorésistance et l’apoptose). La lipoatrophie est principalement observée avec les NRTIs mais la prévalence et la gravité sont majorées par les IPs.
 
Méthode diagnostique :
Atteinte du tissu adipeux sous cutané, principalement en périphérie : fonte graisseuse au niveau du visage, des fesses et des membres. Evaluation par imagerie (scanner, IRM)
 
Prise en charge de l’effet indésirable :
Chirurgie par comblement (technique de Coleman : autogreffe de tissu adipeux, ou injection de produits de synthèse).
Alternative en cas d’arrêt de traitement : Arrêt des analogues de la thymidine (d4T-AZT) : récupération partielle du tissu adipeux périphérique possible.