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Antipaludéens : Les points essentiels

mécanisme d'action

Dernière modification le 01/11/2005

Les mécanismes d’action des antimalariques, encore imparfaitement élucidés sont rapportés dans le tableau 3 :

- Les amino-4-quinoléines et les aminoalcools sont des bases faibles, respectivement di- et mono-protonées qui s’accumulent dans la vacuole digestive du parasite et diminuent son acidité. Au cours du processus de protéolyse de l’hémoglobine, la ferriprotoporphyrine IX libérée se révèle toxique pour le parasite. Celui-ci la neutralise par polymérisation en un pigment insoluble, l’hémozoïne. Les dérivés quinoléiques inhiberaient cette étape de détoxification de l’hème. La résistance de P. falciparum est multigénique et d’apparition lente. Elle s’accompagne d’une diminution de l’accumulation de ces molécules dans les érythrocytes parasités par diminution de l’influx et/ou augmentation de l’efflux.

- Les dérivés de l’artémisinine sont des endoperoxydes qui se lient à l’hème dans la vacuole digestive du parasite. Cette interaction provoquerait la libération de radicaux libres toxiques pour les constituants cellulaires. Aucune résistance n’a encore été décrite à ce jour.

- Les antifoliques (sulfamides et sulfones) et les antifoliniques (pyriméthamine et proguanil) inhibent de façon séquentielle la voie métabolique de synthèse de l’acide folique du parasite, qui ne peut pas utiliser l’acide folique de l’hôte. Les antifoliques, analogues structuraux de l’acide paraaminobenzoïque inhibent de façon compétitive la dihydroptéroate synthétase et les antifoliniques, la dihydrofolate réductase. L’inhibition de la formation de l’acide tétrahydrofolique altère la biosynthèse des pyrimidines et des acides aminés. Ces antimétabolites sont des schizontocides d’action lente. La résistance de Plasmodium falciparum aux antimétabolites s’effectue par mutation des gènes codant pour les enzymes cibles. Elle est d’apparition rapide et impose l’utilisation de ces médicaments en association.

- L'atovaquone est un inhibiteur de la biosynthèse des pyrimidines. Dans la mitochondrie, il bloque la chaîne de transfert des électrons au niveau de son enzyme clé, la dihydroorotate réductase, ainsi que le complexe cytochrome bc1 en se substituant à l’ubiquinone. Le Plasmodium développe rapidement des résistances et l’atovaquone est utilisée en association synergique avec le proguanil.

Molécules

Amino-4-quinoléines Amino-alcools

Dérivés de l’artémisinine

Antifoliques

Antifoliniques

Atovaquon

Doxycyline


Site d’action

Vacuole digestive

Vacuole digestive

Cytoplasme

Mitochondrie

Ribosome 70S

Mécanisme d’action

Accumulation dans la vacuole digestive du parasite.

Augmentation du pH vacuolaire.

Inhibition de l’hème polymérase impliquée dans la polymérisation de la férriprotoporphyrine IX en pigment insoluble

Molécules de structure endopéroxydes.


Production de radicaux libres après interaction avec l’hème




 

Inhibition compétitive des enzymes de la voie de synthèse de l’acide folique


Dihydroptéroate Dihydrofolate
synthétase réductase

DHFS                    DHFR

Inhibition de la Dihydroorotate deshydrogénase (DHOD)

Altération du transport des électrons au niveau du cytochrome bc1

Fixation à la sous-unité 30S du ribosome


Action lente

Parasitostatique

Effet final

Accumulation de ferriprotoporphyrine IX toxique pour les membranes du parasite

Stress oxydant avec altération des protéines, des organites et des membranes du parasite.

Inhibition de la production d’acide folique.

Altération de la synthèse des pyrimidines

Inhibition de la respiration mitochondriale et altération de la synthèse des pyrimidines.

Inhibition de la synthèse protéique.




Apparition de la résistance


Lente


Non décrite


Rapide


Non décrite

Mécanisme de résistance

Diminution accumulation vacuolaire

Facteurs multigéniques

-



Mutations des enzymes cibles

(DHFS, DHFR, DHOD)

Utilisation thérapeutique en association

-




Tableau 3 : Mécanismes et cibles d’action des antimalariques